Nos premières vendanges

Après la péripétie du van à Narooma, nous voilà de nouveau reparti. Un peu stressé par le van il faut le dire, la peur qu’il nous lâche encore avant d’arriver à destination. Le but, arrivé au plus vite à Yarra Valley. C’est une vallée viticole. Nous y arrivons deux jours plus tard. Dès notre arrivée nous allons au centre d’informations. On y trouve tous les numéros et adresses des vignerons aux alentours. On commence notre recherche. On appelle tous les numéros des vignerons (soit une page A3 remplis de numéros écrit en tout petits, ça en fait). Mauvaise surprise, la saison est quasi terminée. Il a fait tellement beau que les vendanges ont débuté un mois en avance, ce qui est énorme. On se retrouve le bec dans l’eau, nous qui étions pile à l’heure pour le début de la saison. Cette première journée est donc plutôt catastrophique. Le lendemain, Louison et Caroline trouve un job dans une pépinière via un recruteur que l’on avait appelé la veille. Les garçons eux par chance, trouve une journée de travail dans un vignoble.

Caroline et Louison se rendent à la pépinière. C’est un travail assez difficile, il faut enrouler un ruban autour du pied d’un jeune arbre. Autant vous dire que votre position est absolument atroce, le dos n’est pas si douloureux mais c’est tout l’arrière des jambes qui prend. Le tout sous un soleil de plomb. Les garçons, travaillent à cueillir le raisin, ils font aussi ce que l’on appelle « bucket boy ». Ils ramassent les seaux de raisins le long des vignes et transvase le contenu dans une bine traînée par le tracteur. Il faut donc être rapide (suivre le tracteur qui ne s’arrête pas), assez fort (au bout de quelques seaux ça fait mal) et le tout sur un terrain rarement plat (montée, descente etc). Ils travaillent vite et bien, mieux que les Asiatiques présents. Ils sont en général une vingtaine, amené en car, des Malaisiens, chinois, Cambodgien etc… Le manager est content des garçons, pour le lendemain il est d’accord d’embaucher que les garçons et Caroline et Louison. Le soir même Caroline et Louison laisse la pépinière de côté, ceci même si c’était un job permanent, on est tous la pour faire les vendanges !

Le lendemain, nous voilà tous les cinq chez le vigneron armé de nos pinces coupantes. On travaille de 7h à 13H d’affilé, sans aucune pause, on est des machines. Heureusement le manager nous réapprovisionne en eau car toutes les bouteilles on rapidement été vidées. Il fait très chaud ce jour la. D’après le manager, il y aura encore du travail pour nous d’ici une semaine, pour deux autres cépages (merlot et cabernet).Après avoir bien travaillé, nous utilisons le reste de l’après midi à chercher d’autres emplois, dans les fermes de fruits etc… L’autre priorité c’est aussi la douche ! Nous sommes très très sales. Le soleil, la sueur, la terre sèche, le sucre du raisin et les toiles d’araignées à gogo ça vous dégueulasse en quelques minutes. Quand on se frotte une partie de la peau c’est assez dégueu ! On achète un tuyau d’arrosage pour se doucher rapidos dans les parcs. Oui c’est assez étrange, entre les tables de picnics et les aires de jeux pour enfants, on se douche en maillot de bain près d’un arbre.
Julien et Caroline retrouve une journée de vendange chez un autre vigneron. On essaie toujours de discuter avec les managers, on s’entend d’ailleurs souvent très bien avec eux, on espère décrocher une journée de plus, ou un autre job chez un de leurs confrères.

Puis de nouveaux, nous avons des journées de libre, on en profite pour faire des recherches sur internet, visiter une ville d’à côté, ou encore essayé de voler des pokémon au Kmart, on joue aux cartes, on va se baigner à la piscine, on court après les canards etc…



On trouve un autre vigneron qui à besoin de quelques mains en plus. Shantell winery. On y va, comme d’hab, on travaille avec une vingtaine de Malaisiens. Le manager nous donne quand même d’autres travaux, plus dur, plus physique. On est content car comme ça on peut montrer notre motivation et notre efficacité. Les garçons se retrouvent encore à faire les bucket boys. On nous demande aussi d’enlever les « nattes », des filets quadrillés blancs pausé sur les vignes pour les protéger des oiseaux, c’est assez physique de les relever. On travaille avec Bruce, le manager, un mec très sympas d’une cinquantaine d’années, très rigolo, très « english ». En fin de journée, Bruce à l’air content de nous, le patron aussi. Julien arrive à négocier un coup de pinard. Nous voilà tous dans « l’atelier » là ou il y a le pressoir, les cuves et barriques. Bruce nous sert du vin, du cidre. On rencontre là Luke, celui qui produit le vin (Wine Maker), et Clélia une Française. Clélia travaillait au restaurant du vignoble, c’était son dernier jour. Ils nous invite à rester faire son apéro de départ. C’est une super soirée que l’on passe, du vin à flot (Sauvignon, Semillion, Pinot Noir, Cabernet Sauvignon, et d’autres), du fromage (de Bruce fait maison) du foie gras et des tapenades importées de France pour Clélia, de la viande de boeuf grillé au feu de bois etc… Nous on fait du camembert dans le barbecue (ils connaissent pas les Australiens). Luke, nous fait gouté le vin directement des barriques, ils nous explique tout son travail. C’est une super soirée, pleine d’hospitalités, de rencontres, de découvertes, et surtout on pratique bien notre anglais. Le lendemain, on retravaille, on fini les dernières lignes. C’est les derniers raisins de la propriété. Shan, le patron, nous donne encore deux journées de travail, pour cette fois enlever toutes les nattes. Il est sympas, je pense pas qu’ils avaient besoin de six personnes pour faire ça (nous 5 et Bruce). Pour enlever les nattes, il y a d’abord trois personnes dans les lignes. Elles enlèvent les nattes de la vigne, et enlèvent les branches et feuilles coincées à l’intérieur, on roule le filet un peu sur lui-même. Ensuite il y a deux personnes à l’arrière du tracteur qui tire le filet et le range dans des sacs ou des grandes boxes en bois. Et tous ce petit monde avance sans s’arrêter comme ça.

La journée suivante, les garçons termines les dernières lignes pendant que les filles sont embauchées au restaurant du vignoble. Caroline devient serveuse et Louison aide à la cuisine en plonge. Le bon côté, Caroline peut enfin retrouver un peu d’élégance vestimentaire. Une robe noir simple et élégante, ça fait du bien. Elle travaille aussi son anglais avec les clients qui sont curieux de cet accent. Souvent ils pensent qu’elle est Allemande, ce qui pour nous est un compliment car les Allemands ont un anglais impeccable. Ce sont de loin les meilleurs en Europe (après les hollandais). L’équipe du resto est super. Les patrons, Paul le chef, D la sous chef, Caroline et Louison. Le resto ne sert que 4 entrées, 5 plats et 4 desserts. Tous les produits sont d’une superbe qualités, et la plupart des fruits et légumes viennent du jardin. Pendant trois jours, Caroline et Louison vont voir des plats magnifiques leurs passer sous les yeux. Le dernier jour, Paul offre à Caroline ET à Louison son « Frozen Chocolate ». Pendant le service, elles mangent à petites bouchées ce dessert qui envoie vraiment du lourd, une tuerie. A chaque fin de service, les patrons nous offre un verre de vin au choix, et on discute un peu pendant 20min avec eux, c’est très agréable. Lui, Shan est d’origine Indienne, né en Malaisie. Il est venu en Australie à l’âge de 17 ans et est devenu chirurgien. Puis il s’est lancé dans le vin. Avec sa femme ils ont acheté des terres et plantés leurs premiers pieds de vignes. Puis Shan à arrêter la chirurgie, et est maintenant médecin généraliste à mi-temps (le reste consacré au vignoble). Sa femme, elle, est Norvégienne et à un sacré diplôme, genre thèse en physique et science. Genre respect aussi quoi ! Ils sont assez peu démonstratifs, pendant le travail Shan fait plutôt peur, très très sérieux (on dirait Gérard le père de Ju !), mais une fois le travail terminé il est très gentil et souriant. On a vraiment aimé travailler avec eux. Si l’on veut, Louison et Caroline peuvent travailler encore trois jours la semaine prochaine. Le problème est que les garçons n’ont plus de travail, les vignes que l’on devait faire on encore du retard. On décide de chercher du travail en Tasmanie où la saison des pommes va débuter et celles des vendanges aussi. En une journée, nous avons trouvé un contact avec un recruteur qui a du travail pour nous cinq pour deux mois. Ni une ni deux, nous réservons le ferry. On se dit qu’il faut aller de l’avant car il n’y a plus de travail par ici.

On décide donc de se  mettre en chemin vers Melbourne, sur la route Caroline et Julien s’arrête à une petite ville perché sur des hauteurs. Pleins de petites boutiques d’artisanat sympas. Puis, une petite ballade pour aller voir une cascade et la rain forest du coin.

En milieu d’après-midi, nous arrivons tous à Mordilloc, une ville tout près de Melbourne, à la mer. On y reste les deux derniers jours. Pendant ces deux jours Julien et Bastien contracte une maladie, boutons sur tout le corps, mal à toutes les articulations (difficile pour eux de marcher, de se déplacer). Bastien dors trois jours entiers. Julien à vu un docteur qui ne sait pas ce qu’il a. En même temps, c’était pas un champion ce doc là, disons que ça n’a servi à rien. Il faudrait faire des test sanguins mais nous prenons le bateau demain soir donc nous décidons d’attendre la Tasmanie et prendre des anti-imflammatoires. Le lendemain, on allons tous à Melbourne. La mer est déchaînée, Caroline fait très attention en conduisant car le van se fait complètement ballader par le vent. On arrive au port et on attend l’embarquement. Oui pas de visite de Melbourne, ce sera pour le retour. Une fois en embarquement, les douanes regarde le van, embarque l’arc et les flèches de Caroline, les bouteilles de gaz, et au grand désarrois de Caroline il vide dans la poubelles toutes nos provisions de patates, légumes et tomates, pour certains acheté dans la journée, quel gâchis ! Si il y avait quelque chose de contaminé…il aurait plutôt valu prendre les garçons ^^ ! Enfin voilà, nous embarquons donc sur une mer plus qu’agité pour la Tasmanie.

Mais tout cela vous sera raconté dans un prochain article 🙂

Kénavo.

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